Une semaine type de France Culture ça se passe ainsi :

  • du lundi au jeudi :
    • entre minuit et cinq heure, “les nuits”,
    • à cinq heure, les cours du Collège de France,
    • à six heure, Les Petits Matins
    • de sept à neuf heure, Les Matins,
    • à neuf heure, La Fabrique de l'Histoire,
    • à dix heure, Les Chemins de la philosophie,
    • à onze heure, Culture Monde,
    • de midi à treize heure trente, La Grande Table,
    • de treize heure trente à quatorze heure, Les Pieds sur terre,
    • à quatorze heure, Entendez-vous l'éco ?,
    • à quinze heure, La Compagnie des auteurs,
    • à seize heure, La Méthode scientifique,
    • à dix-sept heure, LSD - La Série documentaire,
    • à dix-huit heure, Du grain à moudre,
    • à dix-neuf heure, La Dispute,
    • à vingt heure, À voix nue,
    • à vingt heure trente, le feuilleton,
    • à vingt heure cinquante-cinq, Les Carnets de la création,
    • à vingt-et-une heure, Par les temps qui courent,
    • à vingt-deux heure, Matières à penser,
    • à vingt-trois heure, les “ateliers”, des émissions de création en général ;
  • le vendredi :
    • hormis celles précisées, mêmes émissions sinon que celles de neuf heure à midi sont, dira-t-on, d'actualité, celles des autres jours étant thématiques,
    • à quatorze heure, Métronomique,
    • à quinze heure, Poésie et ainsi de suite,
    • à dix-sept heure, Le Magazine de la rédaction,
  • le samedi, entre autres :
    • entre minuit et sept heure, “les nuits”,
    • de sept à neuf heure, Les Matins du samedi,
    • à neuf heure, Répliques,
    • à dix heure, Concordance des temps,
    • à midi, Politique !,
    • de midi quarante-cinq à treize heures trente, La Suite dans les idées,
    • à quatorze heure, Plan large,
    • à seize heure, La Conversation scientifique,
    • à dix-huit heure, Avis critique,
    • à dix-neuf heure, Continent Musiques,
    • à vingt heure, Des Papous dans la tête,
    • à vingt-deux heure, Mauvais Genres,
  • le dimanche, entre autres :
    • entre minuit et sept heure, “les nuits”,
    • à sept heure, Questions d'islam,
    • de huit heure à huit heure trente, une semaine sur deux Chrétiens d'Orient,
    • à neuf heure, Talmudiques,
    • de neuf heure quarante à dix heure, Divers aspects de la pensée contemporaine,
    • de onze heure à midi, L'Esprit public,
    • à quinze heure trente, Une Saison au théâtre,
    • à seize heure, De cause à effets, le magazine de l'environnement,
    • à dix-sept heure, Rue des Écoles,
    • de dix-huit à dix-neuf heure, Dimanche, et après ?

Les émissions du week-end non précisées sont souvent intéressantes mais non adaptées à mon projet, des documentaires, fictions ou émissions spécialisées (offices religieux souvent), quelques-unes, rares, spécialement le samedi à onze heure et le dimanche de dix-neuf heure à vingt heure trente, sont de mon point de vue indigentes ou de mince intérêt. Les “nuits” en semaine ne sont pas faites pour moi, celle de vendredi à samedi est en général thématique et commentée par des amateurs ou par de supposés spécialistes, celle de samedi à dimanche est le plus souvent la “nuit spéciale” de quelque personnalité ou notabilité. Étant amateur d'un peu tout, spécialiste de ce que l'on veut, ayant comme chacun de la personnalité, étant comme tout le monde notable, elles peuvent me convenir ou je puis leur convenir.

Les émissions de la semaine sont susceptibles d'inviter n'importe qui, exception faite des cours du Collège de France, des Petits Matins, à base de chroniques, de la série LSD, du feuilleton et des ateliers du soir, et comme je n'ai pas grand chose à dire de moi-même, À voix nue n'est pas trop fait pour moi puisque précisément on y raconte sa vie. Je ne me vois guère non plus disserter sur un auteur dans La Compagnie des auteurs, sinon si une de ces semaines on y évoquait Cordwainer Smith ou Philip Jose Farmer, ce qui m'étonnerait, on y parle plus que rarement d'auteurs “de genre”, spécialement de ceux apparentés à la science fiction ou au fantastique, sinon les quelques rares incontournables mais traités alors comme “de non genre” puisqu'un auteur de genre ne peut pas vraiment être un auteur... J'imagine une invitation universelle de ce type :

  • un jeudi, je serai un des invités des émissions qui ont lieu de midi à dix-sept heure – sinon (sauf cas indiqué) de celle de quinze heure – et de celle de vingt-et-une heure ;
  • le lendemain je serai celui des émissions du matin entre sept heure et midi, et l'un de ceux des émissions de quinze à dix-neuf heure ;
  • le samedi je participerai aux émissions ayant lieu de sept à dix heure (j'adore celle de onze heure mais n'y aurais pas ma place) et celles citées qui ont lieu à partir de midi ;
  • le dimanche je participerai à celles citées, sinon peut-être celles de neuf heure quarante et de quinze heure trente ;
  • je serai l'un des invités de la nuit du samedi et celui de la nuit du dimanche.

Parcourant ce site vous verrez que je me décris parfois comme humain “sans qualité” et sans qualités, humain ordinaire, moyen. Je ne méconnais pas mes talents mais ce sont ceux dont tout humain peut disposer avec un peu de travail. C'est cette absence même de qualité et de qualités qui serait à propos dans ce projet car il me semble de quelque intérêt de montrer que l'on n'a pas nécessité à être “de qualité” n'y d'avoir des qualités spéciales pour faire un invité acceptable, sinon pour La Fabrique de l'Histoire et Concordance des temps, et peut-être La Méthode scientifique sinon le vendredi. Je peux aussi faire un invité très acceptable de La Dispute mais là c'est une autre question, figurer comme humain sans qualité d'une émission sans qualités nous amènerait trop loin dans la vacuité... Même si je les évoque je me vois mal participer au émissions Des Papous dans la tête et Mauvais Genres, je les apprécie bien trop comme auditeur pour me priver de leur écoute – car à coup sûr je ne les écouterais pas si je devais y participer ce jour-là. À ces émissions j'ajoute celles dites d'information, les journaux, non pour y prendre part sinon à midi trente et à vingt-deux heures où un invité donne un avis sur un sujet dont il est parfois supposé figurer un spécialiste mais pas toujours. Je ne pourrai néanmoins manquer de commenter ces journaux a posteriori ou, comme il arrive, à l'invitation du speaker. C'est d'ailleurs curieux, cette pratique assez courante d'interroger une personne sur n'importe quel sujet au prétexte de sa seule notoriété, comme si cela suffisait pour valider son opinion.

Quel serait l'intérêt de cette invitation universelle ? Mon manque de qualité, de titre qui semblerait justifier mon invitation, et mes qualités ordinaires. Je veux dire, sauf quand le sujet évoqué requiert une compétence réelle dans le domaine débattu ou une insertion dans une certaine activité, émettre un avis ou une opinion ne requiert rien sinon une certaine attention au monde et à son mouvement, ce dont, soit précisé, ne font pas toujours preuve les invités, d'ailleurs, spécialement ces spécialistes de tout et surtout de rien que sont le plus souvent les médiateurs (les personnes agissant dans les médias) et les politiciens, mais aussi les spécialistes par contigüité plus que par compétence – un militaire, un syndicaliste employé ou employeur, un enseignant, un haut-fonctionnaire n'ont pas nécessairement, je dirai même, ont rarement une compétence avérée en tant qu'analystes de leur pratique. L'autre point qui ferait l'intérêt de cette invitation, la mienne ou celle de toute personne comparable, est de n'avoir pas à ménager sa place dans le débat public, si par exemple je souhaite dire quelque chose de déplaisant, non pas une chose déplaisante en soi mais par le fait qu'elle pointerait quelque faille du système médiatique en soi ou en tant que lieu du débat public, et bien je n'aurai pas nécessité à mesurer mon propos puisque n'ayant pas à préserver quelque position sociale “légitimante”. Je n'aurai d'autre légitimité que la mienne, je veux dire, je ne me devrai que d'être aussi honnête qu'il se peut selon mes moyens et mes limites.

Comme dit dans le premier texte de cette partie, « L'auditeur universel » (en fait, le troisième ou quatrième dans la durée mais je l'ai antidaté pour qu'il apparaisse en premier dans la liste, et celui-ci en dernier), « Je ne dirai pas qu'il ne faut pas trop rêver, j'adore rêver, c'est encore la meilleure manière de réaliser des choses intéressantes mais bon, là c'est plutôt des châteaux en Espagne qu'un rêve [...], que ce soit moi ou un autre, “l'invité universel” ça n'est pas pour demain ». Du moins je ne le crois pas. Mais il y a tant de chose que je n'ai pas crues et qui furent, alors pourquoi pas celle-là ?