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Historique : Relativisme culturel

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Le relativisme culturel est une pseudo-théorie? du même type que, pour exemples notoires, la théorie du genre ou la théorie du complot : les détracteurs et les faux zélateurs (qu'on peut nommer en ce cas des épigones1) de cette supposée théorie postulent son existence du fait que des chercheurs, des écoles, des domaines d'études, des auteurs partent du constat évident que chaque culture, chaque civilisation a sa propre interprétation du monde et qu'elle va construire une anthropologie, une sociologie, une politique, une philosophie et tout autre domaine de réflexion et de science à partir d'elle. Les faux zélateurs en tirent de fausses conclusions, les détracteurs en ont des interprétations au mieux inexactes, parfois malveillantes. Comme bien souvent dans ce genre de questions il y a deux types de positionnements principaux, factuels et idéologiques.

Relativisme culturel factuel et idéologique.

Factuellement, le relativisme culturel est un instrument et un concept méthodologiques et ni une théorie ni une hypothèse, c'est un fait dont il faut tenir compte et dans ce cas l'acception de « relativisme » est proche de celle qui s'applique à la notion de relativité en physique : il s'agit de pointer le fait que deux événements identiques ne sont pas similaires selon le point de vue de deux observateurs dans deux référentiels différents, en ce cas des référentiels culturels. Contrairement à la compréhension des faux zélateurs et de bien des détracteurs il s'agit de ne pas adopter un point de vue relatif, cette fois dans l'acception courante « Qui devrait être comparé avec la moyenne des notions, des choses ou des êtres de même espèce, et ne peut être évalué en soi, d'une façon indépendante » d'où découle la sentence « Tout est relatif » dont l'acception est « On ne peut rien affirmer de façon absolue, rien n'est vrai en soi », l'acception retenue par le relativisme culturel méthodologique étant « Qui est évalué par rapport à un autre élément, à un repère, à un système de référence »
(définitions reprises du TLF).

L'approche structuraliste de l'anthropologie sociale, par exemple, est relativiste puisque le chercheur n'analysera pas un fait social à partir de son propre référentiel mais à partir de celui des personnes observées, ce qui lui permet de discerner les faits identiques sous des aspects non similaires et non identiques sous des aspects similaires.

Idéologiquement il n'en va pas ainsi, pour deux raisons : une mauvaise compréhension de l'approche, ou une analyse fausse ou un refus de compréhension des résultats et hypothèses des recherches méthodologiquement relativistes. La seconde raison découle assez souvent de la première mais pas nécessairement. Un nombre assez élevé de détracteurs du relativisme culturel est dans le déni, le refus de compréhension des résultats, les faux zélateurs étant plutôt du genre à ne pas trop comprendre la méthodologie.

Pour aller un peu à côté du sujet de cette page, j'ai entendu sur ma radio (France Culture) une émission où Pierre Bourdieu contait une anecdote relative au refus de comprendre les résultats d'un travail en sociologie. On l'avait invité à parler de ses travaux à Bruxelles, devant un public formé en majorité de membres du groupe social objet de l'étude dont il parlerait. Par précaution, il prévint les organisateurs de la conférence, qui ne le crurent pas, que ça ne se passerait probablement pas trop bien. Et ça ne se passa pas trop bien. Si les organisateurs ne le crurent pas c'est que ce public était composé en majorité de personnes cultivées et intéressées par la sociologie ; si Bourdieu anticipait que ça ne se passerait pas trop bien c'est que, comme sociologue, il savait d'expérience que rares sont les personnes et groupes, y compris parmi les sociologues, qui acceptent d'être vus comme des objets sociaux.

La compréhension et l'interprétation idéologiques reposent sur des erreurs communes : celles donc dues aux conditionnements culturels et à la lecture du terme « relativisme » dans une acception qui n'est pas celle retenue par ceux qui pratiquent (sans le nommer ainsi) le relativisme culturel méthodologique, celles pointées aussi d'un refus ou d'une lecture fautive des résultats et hypothèses des chercheurs, enfin sur un trait assez partagé par les humains, et déjà mis en avant il y aura bientôt quatre siècles par René Descartes, le bon sens. Souvent l'on ne cite, pour le railler, que le début de sa réflexion, « Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée ». Les railleurs devraient prendre pour eux la suite : « car chacun pense en être si bien pourvu, que ceux même qui sont les plus difficiles à contenter en toute autre chose, n'ont point coutume d'en désirer plus qu'ils en ont ». Le rapport au bon sens devrait être le même que le rapport à la liberté tel que le propose Spinoza, ou le rapport au savoir : savoir qu'on en possède peu est le meilleur moyen d'en disposer au mieux.



1. Le Petit Larousse définit l'« épigone » comme un « disciple sans originalité », la Voix de Son Maître, mais une voix éraillée et discordante...

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2017-05-10 23:58 par Olivier Hammam 1
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