La querelle des mots actuelle est plaisante : les mots sont comme ceux qui les disent, de genre indéterminé, une estafette est souvent un homme, un mannequin souvent une femme, mais une femme peut aussi faire l'estafette, un homme faire le mannequin, et parfois estafettes et mannequins ne sont ni femmes ni hommes. Donc, un œuvre. C'est rapport à la précédente discussion de cette série « Un autre monde ? » ou « Un nouveau monde ? » intitulée « Et de treize ! ». J'écrivais en introduction « Comme je me fiche pas mal des réputations il me plaît de conclure (provisoirement ?) cette série avec l'article treize ». Étant prudent j'ai pris soin d'écrire « provisoirement ? » entre parenthèses. Pourquoi “un” œuvre “féminin” et “une” œuvre “masculine” ? D'abord parce que j'aime plaisanter et surprendre, puis parce qu'un œuvre n'est jamais achevé, une œuvre toujours achevée. L'œuvre de genre masculin désigne le labeur, l'action de faire, et tant que l'on vit l'on fait, tant que l'on fait l'on vit. L'œuvre de genre féminin est un travail, toujours fini, jamais fini. Continuité et patience sont féminines, rupture et impatience sont masculines. C'est pour ça que les hommes se fatiguent plus vite que les femmes quand ils agissent “en hommes” : chaque nouvelle œuvre ils croient avoir été au bout de leur projet et le lendemain se rendent compte que non. Tant qu'on sait que la vie est un œuvre et non une œuvre, elle est beaucoup plus simple à réaliser.


Je ne comptais pas écrire ce qui précède mais bon, la vie est un œuvre...