Comme celui dont le titre de cette discussion reprend la première moitié : dans la réalité réelle, à beau mentir qui ment bellement, et peu importe d'où il vient. Considérez ce type, Romand, et son “affaire” : quoi de plus proche qu'un fils, qu'un mari, qu'un père, quoi de plus proche qu'un parent au premier degré ? Il a menti à tous ses proches, plus, à tous ses intimes, les personnes avec lesquelles il vivait chaque jour, non pendant dix-huit ans, comme le mentionne l'article de Wikipédia sur l'affaire Romand, mais plus probablement dès avant, vivant une autre vie que celle qu'il se souhaite, comme semble aussi le considérer la plus ou moins psychanalyste Alice Miller (plutôt une psychosociologue me semble-t-il), qui relève un des ressorts habituels de la criminalité “sans motifs”, entre autres ceux qu'on nomme les “serial killers”, la double contrainte mise en évidence par une équipe de chercheurs animée par Gregory Bateson, qui montre comment un type de relation intime peut induire chez des individus un comportement “schizophrène”. Le menteur peut venir de loin ou de près, par contre le “beau mensonge” (beau en tant que construction, le mensonge de ce type dit mythomaniaque) vient souvent de loin, mais dans le temps aussi bien que dans l'espace.

Je n'aime pas trop les classifications “psy” parce qu'elles tendent à réduire une diversité de cas sous une même étiquette, ou au contraire à répartir sous plusieurs étiquettes un même cas, donc il ne faut pas prendre ici mon usage de “mythomane”, “mythomanie”, “mythomaniaque”, comme une acceptation de cette typologie mais comme l'emploi de termes connus pour discuter d'une classe de comportements assez disparates basés sur un “beau mensonge”.