Il me semble que la question centrale de cette partie du site est celle du consentement. Le fait que vous puissiez me lire, et plus encore si vous comprenez ce que j'écris, prouve que comme moi vous consentez à vivre en société. Remarquez, comprendre ce que j'écris est assez secondaire pour cette question de consentement, pour l'heure une part significative (en fait, la quasi totalité des visites qu'il a connues jusqu'à ce 10 décembre 2017, exception faite par moments mes propres interventions, vues comme des visites...) est faite par des “robots”, des petits logiciels assez autonomes qui ont pour seule fonction de visiter des pages de sites Internet et d'analyser leur contenu. On ne peut pas dire d'un de ces robots qu'il comprend ce qu'il lit ni même qu'il comprend ce qu'il fait, c'est d'une certaine manière un individu, un être qui agit et qui interagit avec d'autres êtres, mais il n'a aucune autonomie ni aucune initiative, il est programmé par une personne qui ne sait pas nécessairement pourquoi elle agit mais qui du moins est autonome et capable d'initiative. Le robot ne sait pas pourquoi il agit ni ce que signifie ce qu'il analyse, il n'a aucune conscience de lui-même donc aucune conscience de son action, une sorte de corps sans esprit, un “zombi” – un robot. Les médiateurs, les politiques, les fabricants de matériels et de logiciels informatiques tentent de vendre Internet comme “espace de liberté”, ce qui n'a pas de sens : aucune société humaine n'est plus totalitaire que ne l'est cette sorte de société que constitue l'Internet, tout ce qu'on y fait est surveillé, toute action qui s'y déroule est observée, notée et archivée.

Je dis en titre que ce site ne vous espionne pas, ce qui est à la fois vrai et faux : comme n'importe quel site Internet, il garde trace de tout, mémorise l'heure, l'origine et l'action de toute intervention qui y a lieu, de loin en loin j'archive ces informations et parfois je m'en sers pour savoir qui fait quoi sur ce site. À dire vrai, je ne m'intéresse pas trop aux actions des individus réels, des personnes physiques ni même de celles morales qui agissent, disons, sans autre but que d'accéder à certains contenus pour en comprendre le sens,le “message”. Le plus que je fais en ce cas est de déterminer d'où vient la visite, ça m'intéresse de savoir par exemple que des gens d'un peu partout (France, Suisse, Sénégal, Corée du Sud, Belgique, États-Unis, Canada, Australie, etc.) y accèdent, et parfois comment, mais ça ne m'intéresse pas de savoir qui ni pourquoi. Par contre, ce site reçoit parfois des visites qui n'ont pas de sens, notamment des sortes de robots qui ne se signalent pas comme tels et qui effectuent toujours les même types d'opérations, spécialement vérifier s'il y a un forum et tenter de s'enregistrer comme utilisateurs inscrits. Je sais que ce sont des robots parce que leur comportement est très stéréotypé, ils ont de quelque manière détecté que j'utilise un certain CMS (ici, Tiki Wiki) et sont programmés pour tenter un accès sur la page des forums, puis sur la page d'enregistrement de compte, puis sur la page de connexion au compte. Comme j'interdis les inscriptions directes ça ne marche pas mais peu importe, ils essaient, et un même robot peut renouveler l'opération plusieurs fois par jour. Comme dit, si un robot est une sorte d'individu il n'a pas de conscience et agit sans savoir pourquoi, ce qui explique pourquoi il peut renouveler la même action inutile un grand nombre de fois. Cela dit, quand je constate qu'une même adresse Internet répète la même tentative je finis par la bloquer, moins tant par crainte que pour éviter un trafic inutile sur ce site.

Une autre sorte de robots m'intéresse, ceux programmés par des “indexeurs de sites”, des personne physiques mais plus souvent morales dont une des activités, parfois la principale, est d'indexer des sites. À dire vrai, ça ne m'intéresse pas en soi, bien sûr je trouve un certain intérêt à voir que ce site reçoit des visites de robots programmés par des sociétés qui nourrissent des bases de données pour moteurs de recherches mais ce qui m'intéresse le plus dans cette histoire est d'observer leur cycle. Par exemple, une personne morale censée se trouver à Paris mais dont la raison sociale est « UK Government Department for Work and Pensions », qui sous ce nom assez anodin est depuis 2001 la plus grosse administration britannique, quelque chose comme la réunion de la Sécurité Sociale (santé et retraites), des agences pour l'emploi, d'une partie de l'enseignement, des ASSEDIC, de l'action sociale, du handicap et du budget. Et j'en oublie (la question des “pensions”, censément les “retraites” mais par le fait, dans le cadre de cette administration, toute allocation de ressources hors salaires, concerne toutes les administrations et tous les allocataires de “pensions”), visite assidument ce site. Un peu toujours les mêmes pages, cela dit. Ces robots m'intéressent d'ailleurs pour ça, ils ont un niveau de récurrence de visites très au-dessus de ce qu'on attendrait pour un site aussi peu visité : le nombre de visites réelles est de l'ordre de deux à cinq par jour et ça se limite aux mêmes quelques pages qui, malheureusement pour moi, ont souvent un rapport très limité à son contenu général, pour l'essentiel les « pages importées » des sites secondaires “Site OMH” et “OMH Prez !” plus un document sur la psychologie sociale. Or, les robots indexeurs effectuent selon les moments entre 400 et 1200 visites par 24 h.

Je soupçonne que ce niveau d'activité, récent, se nourrit de lui-même : il fut d'abord visité par des robots de moteurs de recherche, principalement ceux de Google, ce qui l'a rendu “visible”, du coup d'autres sites d'indexation s'y sont intéressés, ce qui a augmenté le trafic vers lui, de ce fait les robots de moteurs de recherches l'ont trouvé encore plus attractif puisque visité plus fortement, et ont augmenté la fréquence de leurs visites, ce qui l'a rendu encore plus visible, etc. Je suppose sans le savoir, en tout cas j'espère que ces robots ont un moyen de déduire leur propre activité du niveau de fréquentation, ils n'ont par contre pas vraiment moyen de mesurer l'activité de leurs pairs. Entre juin et octobre de cette année il y eut une progression modérée des visites journalières, en moyenne 2 en juin, 15 en juillet, puis respectivement 23, 32 et 40 les trois mois suivants, puis en novembre une hausse plus fort, 70 visites quotidiennes, et pour les dix premiers jours de décembre, 110. Et bien sûr, le nombre de pages lues a aussi progressé, respectivement, de juin à octobre, 172, 337, 261, 231 et 394 (le nombre de juillet est non significatif, c'est le moment où j'ai le plus mis de textes en ligne, ce qui m'a fait compter comme “gros visiteur”), puis en novembre ça passe tout soudain à une moyenne de 1104 pages lues par jour ; début décembre il y a un petit affaissement, “seulement” 678 pages par jour en moyenne, mais s'il y a une baisse en quantité, il y a une hausse en qualité : les robots indexeurs ont eu tendance à viser n'importe quel lien pendant une période de “réglage” (en gros, du 5 au 20 novembre) et depuis, privilégient les pages avec un réel contenu. À quoi s'ajoute le fait que depuis le 25 novembre 2017 j'ai commencé à filtrer les accès pour ne plus recevoir la visite des spammeurs qui tentaient de se créer un compte, ce qui a réduit le nombre de visites mais modérément.

Je m'intéresse à ce sujet pour ceci : je maintiens des sites Internet depuis quelque temps maintenant, précisément, depuis 2002. À cette époque déjà lointaine, en France c'était une activité moins fréquente qu'aujourd'hui, les premières années (2002 à 2006) la couverture ADSL laissait à désirer, se connecter à Internet était laborieux, et coûteux si l'on n'avait pas un accès professionnel. J'ai donc pu observer la progression réelle du niveau de visites, et je puis vous dire que ça n'alla pas aussi vite que pour celui-ci, et qu'en outre la part prépondérante était celle des visites réelles, je pouvais l'évaluer par les retours, tant les courriels de mes visiteurs que les références (non sollicitées) à mon site. Là, je peux faire ce constat désastreux : le niveau de visites d'indexation est sans aucun rapport avec le niveau réel de fréquentation de ce site, puisque compte non tenu de mes propres “visites”, environ un cinquième du total, beaucoup moins depuis la mi-novembre cependant, presque tous les accès à ce site sont le fait de robots d'indexation. C'est un problème. Un gros problème. Ce qui vaut pour mon site vaut pour tous ceux aussi confidentiels, soit la majorité, la plus grande part des accès vient de robots indexeurs ou spammeurs. Sur un autre pan de l'activité des réseaux, le courriel, il en va de même ou pire, si je me souviens des données pour 2016 le courriel “non sollicité” (le spam) dépasse 95% du trafic. Un problème écologique : la consommation d'énergie des serveurs informatiques et du réseau même n'est pas négligeable, et une part essentielle de cette dépense est inutile. Ces indexeurs et spammeurs sont des nuisibles, des êtres antisociaux. Je parle moins des robots que de ceux qui les programment.

La question centrale de ce site est donc, selon moi, le consentement. Consentir à envoyer et recevoir des spams, à espionner ou être espionné, c'est se démettre de ses responsabilités sociales. Ce n'est pas le fait même qui pose problème mais son coût social. Son vrai coût social, c'est-à-dire la destruction de la société que cela induit. Plus le niveau d'énergie dépensé est élevé, plus cela a de conséquences sur les individus, donc sur la société.