Je vois “arbre”, je pense “arbre”, je dis “arbre”. Entre pensée et vision, le mot. Entre pensée et mot, “quelque chose”. Entre mot et vision, “quelque chose”. Derrière la pensée, “quelque chose” ou “rien”. Derrière la vision, “quelque chose” ou “rien”. Tout est dit de la réalité. Si on passait à un sujet plus intéressant ? Vous par exemple. Ou moi.


Que savons-nous, vous et moi ? Pour vous je ne sais pas, et pour moi je le sais plus ou moins, ça dépend de quoi. Je sais par contre une chose, tout ce que j'ai écrit jusque-là, et d'ailleurs tout ce que je pourrais écrire par après, vous auriez-pu ou pourriez l'écrire exactement dans les mêmes termes, parce si je ne sais pas grand chose de la réalité j'en sais au moins ceci, vous et moi participons de la même, et dans cette réalité ce qui vaut pour moi vaut pour vous. Comme je n'écris que sur la réalité ou autour d'elle, du moins quand j'écris de mon propre chef (en interaction et si nécessaire je peux écrire sur n'importe quoi et si besoin sur tout autre chose que la réalité, même si elle est toujours dans les coins), ce qui est le cas ici, je suis assez tranquille pour la question de savoir que ce qui vaut pour moi ici vaut aussi pour vous.

Exemple, le début de l'alinéa précédent, « Que savons-nous, vous et moi ? Pour vous je ne sais à-peu-près pas, et pour moi je le sais plus ou moins, ça dépend de quoi. Je sais par contre une chose, tout ce que j'ai écrit jusque-là, et d'ailleurs tout ce que je pourrais écrire par après, vous auriez-pu ou pourriez l'écrire exactement dans les mêmes termes, parce si je ne sais pas grand chose de la réalité j'en sais au moins ceci, vous et moi participons de la même, et dans cette réalité ce qui vaut pour moi vaut pour vous ». Un long début mais un objet simple, dès lors que l'on substitue les “personnes”, que le “vous” de cette suite de mots me désigne, et que le “je” et le “moi” et le “me” vous désignent : vous en savez autant sur moi que j'en sais sur vous, rien ou presque rien, et vous en savez autant sur vous que j'en sais sur moi, vous en savez plus ou moins, et ça dépend de quoi. Cela dit, cela écrit, il n'est pas certain que vous acceptiez ma proposition, il se peut que vous ne croyiez pas savoir quoi que ce soit sur vous, ce qui est attristant – pour vous –, ou que vous croyiez en savoir beaucoup sur moi, et c'est inquiétant – pour moi –, ou pire, que vous croyiez ne rien savoir sur vous et en savoir sur moi, ce qui est (très) inquiétant pour vous et pourrait être (modérément) attristant pour moi. Après ces généralités qui sont presque des truismes, si l'on discutait un peu des arbres, des mots et des pensées ?


Bof, pas trop envie d'écrire sur ça, la réalité je l'apprécie, écrire sur elle m'ennuie. Bon, j'arrête là, si le sujet vous intéresse et si vous pensez avoir quelque chose à en écrire, et bien ce site vous est ouvert, envoyez-moi un message de demande d'adhésion à ce site, je vous créerai alors et vous y existerez. Car pour l'instant vous n'existez pas pour moi, y compris si vous existez pour moi dans ma réalité ordinaire.