Cela posé, il est vain et surtout inutile de vouloir répondre aux trois questions en même temps, si on tire un fil par un bout on tombe sur l'autre bout et entretemps on aura trouvé le nœud dans le fil, qui est toujours le “qui”. Bien sûr, on peut avoir la chance de savoir en premier qui, de ce fait on aura le fil et ses deux bouts, mais peu importe : sachant quoi et comment, je sais quel entrelacs explorer et quelle forme chercher. La forme est un moment, sa signification un lieu, les deux sont liés, si j'ai l'un, l'autre est au bout de ce lien et ce qui les unit entre les deux : quoi est un quand, comment est un où, entre quand et où il y a qui.


J'apprécie fort peu les formes denses de description de la réalité. Enfin, je ne les apprécie pas en tant qu'auteur, comme lecteur c'est plutôt le contraire. Rapport au fait que j'ai une opinion modérément clémente de mes semblables comme lecteurs, comme mes semblables il en va autrement, dans l'ensemble je suis plutôt clément, rapport au fait que ce sont mes semblables et que dans l'ensemble je suis assez clément envers moi. Mes semblables sont égaux en similarité mais inégaux par ailleurs, certains ont une pratique efficace de la lecture, d'autres non. À ces autres, les formes denses sont “hermétiques”, une manière de dire qu'ils n'arrivent pas à “les ouvrir pour en découvrir le sens” ou une truc du genre. Du fait il faut entrelarder la description de commentaires, de “clés et serrures pour ouvrir le sens”. Si l'on veut vraiment qu'un nombre significatif de lecteurs, disons, plus d'un sur vingt-cinq, puisse accéder au sens, il faut beaucoup de clés, genre, minimum dix ou quinze clés par unité de sens et minimum trois à cinq serrures par clés. Chaque clé ou serrure prenant autant de place qu'une unité de sens, ça fait de très longs textes même pour un sens assez bref dans son exposé. Comme lecteur je trouve souvent que les clés et serrures que constituent les unités de sens même sont suffisantes. Pas toujours, trop de densité demande un trop grand effort en fonction de ses propres limites, nous sommes tous inégaux devant la lecture, j'ai un certain talent en la matière mais j'en connais beaucoup qui m'étonnent par leur capacité de compréhension, qui supportent aisément un niveau de densité très élevé, parfois extrême, genre tout un univers en trois unités de sens. Cela dit, quand c'est bien fait j'adore lire des commentaires, ça n'apporte pas grand chose au sens mais ça donne du plaisir quand c'est bien tourné – je ne sais pas faire et j'admire...


Je laisse tomber cette discussion, m'est avis que, en ce 25 janvier 2018 à 11:41, je ne vais pas tarder à trouver des personnes susceptibles de broder sur le sujet. Mon truc, c'est de me balader dans les rues et de discuter avec mes semblables, faire des commentaires par écrit sur des truismes et des évidences me fatigue alors qu'il y a plein de gens en ce monde qui adorent ça et qui le font tellement mieux que moi !


Petit post scriptum au 11 mai 2018 : dire « je ne vais pas tarder à trouver des personnes susceptibles de broder sur le sujet » signifie, pour moi, entre le moment où je le dis ou l'écris et une durée raisonnable, disons, un lustre, au plus deux. J'espère le plus souvent que ce soit plutôt demain, mais suppose que ça sera souvent un peu ou beaucoup plus long. C'est ainsi, je ne suis pas un gars pressé...