La question n'est pas de connaître le sens des mots mais de leur en donner. Chaque fois que l'on dit ou écrit, on invente un nouveau discours qui a son propre sens, parfois extrêmement proche d'un grand nombre d'autres discours, parfois très distant de tout autre discours. À quoi s'ajoute que chaque auditeur, chaque lecteur donnera un sens nouveau à ce discours, parfois très proche, parfois très distant du sens que lui donna son inventeur. C'est que, chaque discours a pour référence un contexte singulier qui lui transmet ou dont il tire sa propre singularité, donc chaque répétition d'émission ou de réception modifie le sens du discours puisque chaque fois le contexte change. La réalité étant assez stable et la majorité des discours ayant pour objet la réalité immédiate, on peut avoir le sentiment d'une certaine stabilité de sens des parties élémentaires de discours, des “mots” et “propositions”, ce que l'infinie variété de sens des discours usant des mêmes mots dément. Pour exemple, un type de phrase utilisé par la philosophie analytique pour démontrer les discours “performatifs”,

Le temps se rafraîchit

Je ne certifie pas citer proprement une de leurs propositions, le contexte où j'ai lu une discussion où une phrase de ce genre est donnée tente d'expliquer qu'on peut ordonner une action indirectement, ici le cas est de vouloir inciter un tiers à fermer une fenêtre, les propositions censées provoquer cette action sont parfois directes (“Ferme la fenêtre” ou “Veux-tu fermer la fenêtre s'il te plaît ?”) ou indirectes (“Si quelqu'un fermait la fenêtre ça serait bien” ou “Tu ne trouves pas que le temps fraîchit ?”). Certes, dans un contexte où l'on souhaite faire faire quelque chose à quelqu'un ces propositions ont “le même sens”, mais dans d'autres contextes elles auront un autre sens ou aucun sens, et aucune “le même sens” l'une l'autre.La notion d'énoncé performatif, c'est-à-dire d'énoncé qui agit, qui “modifie la réalité”, n'a aucune validité s'il s'agit de déterminer ceux qui agissent de ceux qui n'agissent pas, aucune nécessité s'il s'agit de remarquer que la parole agit, modifie la réalité, c'est vrai de tout énoncé et non d'une classe particulière d'énoncés.

Ceci pour expliquer que “complot” et “conspiration” ont un sens local, dépendant du contexte, celui de ce site, https://www.olivierhammam.fr/ , ils ne désignent pas des concepts précis et me servent plutôt à proposer une description possible de la réalité.

L'univers sensible.

L'univers n'est perceptible qu'en un lieu, le point de rencontre de l'un et de l'un. L'un est “clair” ou “lumineux” ou “transparent”, l'un est “sombre” ou “ténébreux” ou “opaque”. Leur point de rencontre semble un autre un, ou une multitude, ou rien sinon l'effet d'une cause et la cause d'un effet. La structure de l'univers est très difficile à déterminer et nos sens assez limités. Ce qu'on sait de certain : il y a au moins une conscience dans l'univers. En tout cas j'en suis certain parce que j'en suis la preuve. Savoir si je suis moi-même cette conscience, ou si je suis son effet, ou sa cause, ou si je la rêve, ou si elle me rêve, ou si je suis une conscience parmi d'autres consciences, ou si l'univers entier est une conscience, chaque conscience singulière une parcelle de celle universelle, ou autre cas. Peu décidable. Au cours des temps on a opté pour l'un ou l'autre de ces cas, moins souvent pour d'autres cas qui le temps passant se révélèrent des variantes des cas énoncés.