Je dis parfois que je n'aime pas écrire. C'est plus ou moins vrai, j'aime bien ça d'un sens mais ça me semble assez vain. C'est que, parler me paraît tellement plus efficace, surtout dans le cadre dune discussion ou d'un débat. Remarquez, j'aime bien parler tout seul aussi, comme on dit, monologuer, surtout devant des tiers, j'ai un certain goût pour le jeu et celui que je préfère est le jeu d'acteur, plutôt genre commedia del arte'' ou sketch. Malgré tout je suis beaucoup plus intéressé par le dialogue ou par la discussion à plusieurs. Je suspends pour le moment la version 1 parce qu'elle promet de se révéler longue et fastidieuse, pour en venir au cœur de mon propos, le fait que toute société, humaine ou autre, forme “un seul corps” qui n'est pas un corps et en même temps une multiplicité de corps. Comme je comptais parler surtout des sociétés humaines, et comme, dans sa tournure, la version 1 m'amène à discuter de ce qui précède et, selon toute vraisemblance, très longuement, je laisse de côté. On dira ici que la version 1 démontre avec évidence que tout être vivant est à la fois un seul corps, aucun corps et une multitude de corps, et qu'une affirmation de cette version 1, le plan général d'organisation de tout être vivant est le même, une partie qui dirige, une partie qui travaille, une partie qui contrôle, protège, régule et sanctionne, l'est aussi. De même y est démontré que toute société est un être vivant, un “individu”. Dans cette version, je pars de ces postulats pour aller plus loin, pour aller directement à l'humanité.

Toute société se confronte à ce problème : comment faire que l'ensemble de ses membres agisse comme un seul corps. La solution ancienne est l'intégration, ses membres forment réellement un seul corps dont aucun des parties ne peut survivre indépendamment, celles les plus complexes forment des organismes qui simulent à l'intérieur d'une membrane hermétique mais partiellement poreuse un écosystème. Il y eut d'autres solutions intermédiaires, les sociétés d'insectes par exemple sont formées d'individus qui ont une autonomie de mouvement mais qui ne peuvent survivre longtemps hors de leur groupe parce que certaines fonctions sont bridées chez tels individus, activées chez d'autres, et que ces fonctions sont vitales pour tous. Je ne parle guère, et ne parlerai pas dans cette discussion des autres règnes que celui animal, et très peu ici de ce qui précède les humains, sauf nécessité, toujours est-il que les humains forment l'espèce qui a réalisé l'équilibre actuellement le plus optimal entre ces deux contraintes, l'autonomie des membres de la société et leur intégration dans le groupe. Non pas le meilleur mais le plus optimal : les membres sont presque entièrement autonomes et la société est presque entièrement cohérente, ses membres presque entièrement intégrés. C'est de ce “presque” dont je discuterai ici.


Bof bof... Discussion à remettre elle aussi. Peut-être y revenir plus tard et autrement ?