Je ne sais pas pour vous, pour moi je ne cesse d'émettre des opinions péremptoires et de me promettre de mettre les personnes le nez dans leur caca. Or je ne cesse de changer d'opinion, et je ne cesse de renoncer à dire au gens qu'ils sont ce qu'ils sont. Pour les opinions c'est évident, avoir raison est déjà suspect, avoir raison tout seul inquiétant, une opinion qui n'est pas nuancée et qui ne s'appuie pas sur des faits établis, concordants et nombreux n'a aucune valeur, serait-elle vraie, il faut être au moins deux, si possible trois et au mieux une multitude, pour qu'une certaine vérité, plus ou moins exacte et plus ou moins durable, émerge. Quant à l'autre proposition, le jour où je serai parfait je dirai peut-être leur fait à tous les imparfaits mais si, que le Petit Lutin Vert m'en préserve, je devenais parfait, et bien je suppose que comme tous les (presque) parfaits, j'aurai encore plus de bénévolence que je n'en ai et j'en ai beaucoup puisque je fais que rarement et je l'espère, à bon escient ce que dit, “mettre les personnes le nez dans leur caca”, et quand je le fais c'est gentiment, pour les aider et non pour les accabler. Cela posé, j'ai des opinions péremptoires sur lesquelles je ne transigerai jamais et sans chercher à savoir s'il y a des “faits établis” et il y a des personnes que, les rencontrant, je n'hésiterai pas à “mettre le nez dans leur caca” n'auraient-ils pas de trou du cul leur permettant de chier leur étron. C'est ainsi.


Je comptais développer un peu ce texte mais je renonce, trop compliqué. Faudrait en causer.